Des plannings : planning en anglais

Chez nous, des plannings, on en a accroché trois au frigo avant d’en garder un. Le premier était trop fin, le deuxième trop beau, le troisième tenait sur un tableur que personne n’ouvrait. Celui qui reste n’a que cinq colonnes et se refait chaque dimanche en dix minutes. Voici comment on l’a monté, geste par geste, avec ce qui a raté et ce qui a tenu.
Avant de se lancer
Trois choses à réunir, et rien de plus. D’abord les points fixes : horaires d’école, trajets, activités, travail de chacun. Note-les avec leur durée réelle, pas avec leur heure de début. Un mercredi qui finit à 18 h 30 ne se raconte pas comme un mercredi qui finit à 16 h.
Ensuite le support. Papier, tableau blanc ou tableur, peu importe, à une condition : qu’il soit visible sans qu’on ait à le chercher. Un planning rangé dans un téléphone n’existe pas pour le reste de la maison.
Enfin le point qu’on a mis deux ans à comprendre : qui tient le crayon. Dans Fair Play, Eve Rodsky pose une règle simple, une tâche n’est tenue que si la même personne la conçoit, la planifie et l’exécute. Un planning écrit par un seul adulte pour que l’autre exécute n’est pas un planning, c’est une liste de courses.
Ce qui coince concrètement à la maison
Le premier piège, c’est la grille trop fine. On veut tout caser, on descend au quart d’heure, et au bout d’une semaine le planning est faux partout. Les repères réels sont plus larges qu’on ne le croit : les devoirs en primaire tiennent en 10 à 15 minutes, et 10 minutes de nettoyage par pièce et par jour suffisent à éviter l’accumulation (Frédérique Corre-Montagu, Parents organisés). Écris des durées, pas des tranches.

Le deuxième, c’est le planning qui ne contient que le visible. Lessives, rendez-vous, mots à signer, anniversaires : rien n’y figure, et c’est pourtant ce qui fatigue. L’enquête Emploi du temps de l’Insee citée par Titiou Lecoq dans Libérées donne l’écart, 2 h 06 de temps domestique quotidien pour les hommes contre 3 h 27 pour les femmes. Un planning qui ignore cette colonne invisible déplace la charge au lieu de la répartir.
Le troisième, c’est le planning qu’on ne relit jamais. Un support vivant se corrige, un support figé se subit.
La méthode, étape par étape
Feuille de tableur vierge, et cinq colonnes dans cet ordre : jour, heure de début, heure de fin, qui, quoi. Cinq, pas six.
Étape 1, saisir les heures. Tape une heure comme 21:30 dans une cellule, le tableur la reconnaît comme une heure. Si l’affichage ne convient pas, il se change dans Format de cellule, avec Ctrl+1 (Microsoft Support, 2026).
Étape 2, calculer les durées au lieu de les deviner. La formule =B2-A2 donne la différence entre l’heure de fin et celle de début. Entre 10:35 et 15:30, elle affiche 4:55, à condition d’appliquer le format personnalisé h:mm à la cellule (Microsoft Support, 2026).
Étape 3, additionner la semaine sans se faire piéger. 12:45 + 15:30 affiche 4:15 et non 28:15 : au-delà de 24 heures, il faut le format personnalisé [h]:mm (Microsoft Support, 2025). C’est l’erreur qui fait croire qu’une semaine est légère alors qu’elle est pleine.
Étape 4, arrêter de retaper. Tape les deux premières valeurs d’une série, 1 puis 2, sélectionne les deux cellules, puis fais glisser la poignée de recopie : la série se prolonge seule (Microsoft Support, 2025).
Étape 5, partir d’un modèle si tu pars de zéro. Dans Nouveau, cherche « calendrier », puis Créer. Attention, les cellules de date contiennent des formules, et le calendrier ne se met plus à jour tout seul si on les modifie à la main (Microsoft Support, 2025).
| Le geste | Ce qu’on tape | Le piège à connaître |
|---|---|---|
| Saisir une heure | 21:30 | Un format sans astérisque ne suit pas les réglages régionaux (Microsoft Support, 2026) |
| Calculer une durée | =B2-A2 | Sans le format h:mm, le résultat reste illisible (Microsoft Support, 2026) |
| Total de la semaine | Format [h]:mm | Sans crochets, 12:45 + 15:30 donne 4:15 au lieu de 28:15 (Microsoft Support, 2025) |
| Remplir une série | 1 puis 2, poignée de recopie | Il faut sélectionner les deux cellules de départ (Microsoft Support, 2025) |
| Ajuster la largeur | Double-clic sur une limite de colonne | 8,43 caractères par défaut, 255 au maximum (Microsoft Support, 2026) |
Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même
La mise en forme conditionnelle, ces règles qui colorent une cellule selon sa valeur, sert à repérer d’un coup d’œil les journées trop chargées (Microsoft Support, 2026). On l’a essayée trois fois. Chaque fois, la feuille est devenue un feu d’artifice que plus personne ne lisait. On a gardé une seule règle, sur le total du jour.
Même chose pour Fusionner & centrer, qui crée un titre couvrant plusieurs colonnes. Pratique sur un papier, risqué sur un tableur : seule la valeur de la cellule en haut à gauche est conservée, le contenu des autres est supprimé (Microsoft Support, 2025). On l’a appris en perdant une ligne de courses un samedi matin.
Et il y a la vérité de la maison : le planning ne survit jamais à la troisième semaine. Un enfant tombe malade, un entraînement change d’heure, un rendez-vous s’ajoute. Ce n’est pas un échec, c’est le fonctionnement normal. Un planning qui ne se réécrit pas est un planning mort.
Le geste d’artisan qui change tout
Il tient en une colonne, celle du « qui ». Pas « nous », pas « les parents », pas un blanc. Un prénom, une personne, une responsabilité. C’est là que se joue la différence entre une organisation et une intention.
Rodsky appelle ça le Minimum Standard of Care, le niveau de qualité minimal qu’on définit à deux pour chaque tâche. Le linge est-il plié ou juste propre ? La cuisine rangée à fond ou seulement dégagée ? Tant que ces niveaux ne sont pas dits, celui qui exécute se fait corriger par celui qui conçoit, et le planning redevient un motif de dispute.
Le geste à faire ce soir : une feuille, trois colonnes, jour, qui, quoi, et seulement les trois prochains jours. Si ça tient jusqu’à dimanche, tu as gagné le droit de passer au tableur.
FAQ
Pourquoi mon planning n’est jamais respecté ?
Presque toujours parce qu’il a été écrit par une seule personne. Un planning est un accord, pas une consigne : tant que celui qui exécute n’a pas participé à le concevoir, il reste une contrainte descendante. Remplis la colonne du « qui » à deux voix, et laisse une ligne libre pour l’imprévu.
Faut-il un tableur ou un papier ?
Les deux marchent, la différence est ailleurs. Le papier se voit, se corrige au crayon et n’exige aucune compétence. Le tableur calcule les durées et les totaux à ta place, ce qui évite de croire qu’une semaine est légère. Commence par le papier, passe au tableur quand tu veux mesurer, pas avant.
Comment faire tenir les devoirs dans le planning ?
En leur donnant une durée honnête plutôt qu’une grande case. En primaire, ça tient en 10 à 15 minutes (Frédérique Corre-Montagu, Parents organisés), donc une case de 20 minutes suffit. Si tu bloques une heure, tu bloques une heure pour rien, et le planning perd sa crédibilité dès le deuxième soir.
Pourquoi parle-t-on de planning en anglais ?
Parce que le mot vient du vocabulaire anglais du travail et qu’il est resté tel quel. Un planning, en français, c’est un emploi du temps prévisionnel, avec des créneaux et des responsables. Aucun format n’est imposé : ta grille vaut celle du voisin, du moment qu’elle est lisible par tout le monde à la maison.
Liens
- Organiser un anniversaire d’enfant, avec les créneaux réels et ce qui déborde toujours
- Transformer le bain en activité, la seule case du soir qu’on ne remplit jamais au quart d’heure
- Annoncer une séparation à un enfant de 3 ans, quand le planning change de foyer


